Pourquoi je ne supporte plus les J.O. 2008 ?

Publié le par Gaspard

  Les raisons sont diverses:

 

La première, c’est tout simplement la saturation. Depuis un an, les J.O. sont omniprésents et ça va crescendo. De l’émission quotidienne de télé (Count down to Olympic games) aux logos sur les canettes, les affiches, les paquets de chips ou les petites culottes. Et aussi dans la mode :

 Si si, il s'agit bien d'un défilé...

 

 

La seconde, c’est l’extrémismes « patriotiques » qui font froid dans le dos : je pense à cette petite fille forcée à courir de Hainan à Beijing par son papa, qui explique qu’il faut savoir faire des sacrifices pour son pays. Heureusement il y a peu de cas.

 

La troisième, c’est la passion de certains pour les jeux, et la fierté aveugle pour leur pays. Ainsi, il y a maintenant 3491 personnes en Chine nommées "Aoyun" (奥运) qui signifie « olympique » (3216 mecs et 275 nanas, comme quoi il faut en avoir pour s’appeler ainsi !! )  (source)

 

La quatrième ce sont les efforts mis en place pour donner une belle image complètement artificielle de la Chine : des vieux quartiers de Beijing sont rasés (au passage, on détruit aussi quelques Hutongs) et des bâtiments à l’architecture moderne de pointe sont construits. Des décrets aussi aberrants que ridicules sont mis en place, ainsi il sera interdit aux amoureux de s’embrasser devant des cameras de surveillances, et les chauffeurs de taxi devront veiller à leur coupe de cheveux (crâne rasé interdit, pas de barbe.)...  (source)

 

La cinquième, ce sont les fanatiques ridiculement ridicules parce qu'ils y croient à fond (ce n’est pas propre à la Chine les fous de foot du monde entier me font le même effet) :

 
















Il y a aussi des petits malins pour profiter de l’occasion pour s’enrichir : un pékinois a acheté discrètement il y a 3 ans le numéro de téléphone (135) 2008 0808 qu'il a revendu 300 000 RMB
(le numero correspond à la date de la cérémonie d’ouverture : le 8 août 2008…) (source : Si Mao savait…)


Bon aller, plus que neufs mois !

 


E  D  I  T


Un article du monde traitant du sujet...

Pékin apprend les bonnes manières


Les Jeux olympiques (JO) de 2008 représentent pour la Chine un considérable motif de fierté nationale[...]
"Sauver la face" est crucial en Asie, où chacun passe, dit-on, son temps à essayer de ne pas la perdre. Les autorités de Pékin s'attachent donc à soigner leur réputation. Il s'agit d'être digne devant les foules d'étrangers qui débarqueront, en août 2008, dans la capitale pour les XXIXes Olympiades.[...]

La priorité est de convaincre les Pékinois de bien se conduire, sous-entendu de se comporter de manière plus disciplinée. Les Beijinren (Pékinois) ont en effet une propension marquée à se bousculer sans vergogne pour grimper dans les bus bondés, à injurier l'adversaire durant les compétitions sportives et à cracher à tout bout de champ sur les trottoirs. Des campagnes ont été lancées dans l'espoir d'en terminer avec de telles pratiques susceptibles de choquer les cohortes de "long nez" et autres diables étrangers qui déferleront sur Pékin à l'été 2008.


"VEUILLEZ NE PAS CRACHER"

Même si M. Shao estime que les Pékinois ne sont pas forcément les seuls à blâmer : "A Pékin, il y a en permanence une forte population de touristes qui ne sont pas conscients de la nécessité de bien se conduire." Il ajoute, définitif, s'appuyant sur un sondage aussi mystérieux qu'improbable : "70 % des crachats sont émis par des provinciaux !" [...]

Une autre bataille s'est parallèlement déclenchée dans les bus et aux arrêts : les 11 de chaque mois ont été décrétés "jours de la file d'attente". Ces jours-là - la date a été choisie parce que le chiffre 11 peut faire penser à deux personnes faisant la queue... -, des sortes de "policiers de la politesse" veillent dans les bus à ce que les passagers embarquent en bon ordre. Selon les chiffres officiels, il y aura bientôt 4 000 fonctionnaires, contrôleurs et surveillants, chargés d'imposer la politesse aux Pékinois dans les transports en commun.


GUERRE AUX "VENTRES NUS"

Dernière et ultime bataille, qui ne semble pas avoir été couronnée de succès, la guerre aux "ventres nus" des hommes se poursuit. Les messieurs ont en effet l'habitude à Pékin de dévoiler leur estomac en remontant leurs tricots de corps sur la poitrine quand la chaleur de l'été se fait par trop insupportable.[...] Parce que personne ou presque ne parle les langues étrangères dans la capitale chinoise, les policiers sont en train de recevoir, depuis sept ans, des cours de formation accélérée d'anglais.[...]L'objectif est pourtant que 60 % des effectifs parviennent à passer un examen d'anglais de premier niveau.[...]

Et d'apprendre des rudiments d'anglais : en cet après-midi surchauffé, une cinquantaine de chauffeurs [de taxi] en uniforme bleu sont réunis dans une salle où officie l'un des leurs, improvisé professeur d'anglais. Tout le monde répète en choeur dans une ambiance plutôt dissipée : "Airport ! Madam ! Sir ! How are you ? Good Morning ! Thank you !"

Le "maître", qui nous a accueillis en affirmant qu'il était "very happy to meet you", s'esclaffe en s'efforçant de prononcer les mots. Là non plus, la bataille n'est pas près d'être gagnée.

 
16/06/2007 - LeMonde.fr




Publié dans Chinoiseries

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Florent 09/01/2008 10:39

Salut Gaspard, et merci. Moi aussi je chie sur les JO de Beijing. J'en peux plus. Bon courage pour la suite. Florent